Ils s'appelaient Mata-Hari ou La Chatte, le colonel Rémy ou Leopold Trepper. Certains portaient l'uniforme, d'autres la robe ou le froc. Tous ont uvré dans l'ombre, au service d'une cause, d'un régime, d'une ambition ou de plusieurs à la fois. Car l'espion, par nature, n'appartient jamais tout à fait à un seul camp. La France a une longue mémoire de ce monde gris. Des cabinets secrets de Mazarin aux réseaux de la Résistance, du chevalier d'Éon aux barbouzes de la guerre froide, elle a produit quelques-uns des agents les plus retors de l'Histoire. Le XXe siècle, inauguré par l'affaire Dreyfus et clos par le choc du 11 septembre 2001, en offre une galerie saisissante : vingt-cinq affaires réelles, vingt-cinq destins pris dans les engrenages du renseignement, de la trahison et du secret d'État. Des grandes guerres aux guerres de décolonisation, de la révolution bolchevique à la chute du mur de Berlin, ces récits prouvent que la réalité de l'espionnage français n'a rien à envier aux fictions de Pierre Nord, de Vladimir Volkoff ou de Gérard de Villiers. Elle les dépasse, souvent. Elle les a précédés, toujours.
Jean-François Miniac est journaliste, scénariste et dessinateur de BD, auteur d'une quarantaine d'ouvrages.